Dans le cadre de la riposte à la Maladie à Virus Ebola (MVE) qui frappe la province d’Ituri depuis le 17 mai 2026, un atelier de renforcement des capacités a été organisé du 04 au 05 juillet 2026 à Bunia sous le financement de Eastern Congo Initiative. Une vingtaine de jeunes — étudiants en médecine et membres d’organisations de la société civile œuvrant dans la gestion des conflits — ont été formés à la Communication sur les Risques et l’Engagement Communautaire (CREC). Après la formation, ils seront déployés sur le terrain pour sensibiliser directement la population
Une journée de formation intensive à l’hôtel Gold Star

L’atelier s’est tenu dans les locaux de l’hôtel Golden State de Bunia, réunissant pour une journée complète des profils complémentaires : d’un côté, des étudiants en médecine appelés à apporter la crédibilité scientifique dans la communication avec les communautés ; de l’autre, des jeunes issus d’organisations de la société civile engagées dans la gestion des conflits, habitués à travailler au cœur des dynamiques communautaires les plus complexes.
La formation a été assurée par M. Élie Ndanga Lukamba, membre du pilier CREC affecté à la Zone de Santé de Bunia. Reconnu pour son expérience dans la riposte Ebola, il a conduit les participants à travers un programme dense, couvrant à la fois les connaissances fondamentales sur la MVE et les méthodes de communication adaptées aux contextes de terrain.
Les modules enseignés : bien plus que de simples notions médicales
La formation n’a pas uniquement porté sur la dimension médicale de l’épidémie. Selon M. Ndanga Lukamba, les modules ont couvert plusieurs axes essentiels :
En premier lieu, la définition et la transmission de la MVE : une maladie virale qui se transmet de l’animal à l’homme, d’un homme à un autre, ou encore par contact avec un objet souillé. Les participants ont appris à identifier les modes de transmission et, surtout, à les expliquer de façon claire et accessible à des communautés non médicalisées.
Ensuite, les différentes méthodes de communication ont été détaillées, adaptées à chaque situation possible sur le terrain : comment aborder une famille endeuillée, comment gérer un refus, comment répondre à une rumeur, comment accompagner une personne réticente à l’idée d’être prise en charge.
La formation a également mis en lumière le rôle transversal du pilier CREC dans la riposte globale : appui au pilier EDS (Enterrement Digne et Sécurisé), au pilier PCI (Prévention et Contrôle des Infections), au pilier de la prise en charge médicale et psychosociale, et bien sûr, un accompagnement direct des familles éprouvées.
Des jeunes « outillés pour aller aider la communauté »

À l’issue de la formation, M. Ndanga Lukamba s’est montré confiant quant à la capacité des jeunes formés à passer rapidement de la salle de formation au terrain. « Ces personnes seront capables de reproduire fidèlement ce qu’elles ont appris. Elles iront dans les communautés, y travailleront et communiqueront avec tact, avec stratégie, tout en respectant les méthodes enseignées », a-t-il déclaré.
Ce déploiement immédiat — dès ce lundi 7 juillet — témoigne de l’urgence de la situation sur le terrain et de la volonté d’agir vite, sans perdre de temps entre la formation et l’action.
Un message clair à toute la communauté : « Cette maladie est réelle »
Interrogé sur le message essentiel à retenir, le formateur a été direct et sans ambiguïté : « Cette maladie est réelle. Il y a eu beaucoup de spéculations, de fausses croyances, de rumeurs. Mais après les expériences acquises et les connaissances tirées des études, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il s’agit bel et bien d’une maladie réelle. Elle touche toutes les catégories de personnes : les jeunes, les adultes, les personnes âgées, y compris les médecins et les agents de santé. Personne n’est épargné. »
Il a appelé la population à abandonner les fausses croyances et à adhérer aux services offerts par les équipes de riposte : « Toutes les informations qui ne reposent pas sur des connaissances scientifiques doivent être écartées. Il faut adhérer aux services de la riposte. C’est pour le bien de toute la communauté. »
L’objectif profond du CREC : que la communauté s’approprie la riposte
Au-delà de la transmission d’informations médicales, la formation a rappelé ce qui constitue l’essence même de la démarche CREC : faire en sorte que la communauté ne soit pas simplement destinataire des messages, mais actrice à part entière de la riposte.
« L’objectif est que les jeunes, les personnes âgées, bref toutes les catégories de la population, s’approprient ces connaissances, maîtrisent les bonnes pratiques de communication et sachent transmettre correctement les informations d’une couche sociale à une autre, sans aucune barrière », a résumé M. Ndanga Lukamba. « Ainsi, tout le monde pourra avoir accès à la bonne information et chacun saura quelles dispositions prendre pour se protéger. »
C’est précisément cette philosophie — la communauté comme première ligne de défense — qui guide le travail des jeunes sensibilisateurs qui prennent le terrain dès ce lundi.
NPCYP