National Partnership of Children and Youth in Peacebuilding

Beni: Plus de 40 acteurs réunis à l’Hôtel VYAKA pour un dialogue intergénérationnel sur la paix au Nord-Kivu

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À l’initiative du NPCYP et ses différents partenaires, le 27 mars 2026, plus de 40 acteurs issus des organisations de jeunesse, des associations de femmes, des institutions publiques et des agences des Nations unies se sont réunis à Beni dans le but de répondre à la faible implication des jeunes dans les processus décisionnels, en posant les bases concrètes de leur intégration dans les mécanismes institutionnels de gouvernance de la paix, conformément à la Résolution 2250 des Nations unies.

Organisé à l’Hôtel VYAKA, le Dialogue intergénérationnel sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité (JPS) au Nord-Kivu a rassemblé des organisations de jeunesse, des associations de femmes, des autorités provinciales et urbaines, des services étatiques ainsi que des agences des Nations unies. Une diversité d’acteurs rarement réunis dans un même cadre, dans un contexte où les jeunes restent encore trop souvent perçus comme des facteurs d’instabilité plutôt que comme des leviers de solutions.

À l’initiative du NPCYP et de la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité du Nord-Kivu, en collaboration avec la Division provinciale de la Jeunesse, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique visant à corriger cette marginalisation, en intégrant les jeunes dans les dispositifs formels de gouvernance de la paix. Elle a bénéficié de l’appui du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, à travers l’organisation Search for Common Ground.

Trois avancées majeures vers l’institutionnalisation

Au-delà des intentions, la rencontre a débouché sur des résultats concrets, traduisant une volonté collective de structurer durablement l’engagement des jeunes dans les processus de paix au niveau provincial.

D’abord, les participants ont pris connaissance de l’état d’avancement du processus de localisation de la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies. À ce jour, le Nord-Kivu devient la première des 26 provinces de la RDC à se doter d’un Plan opérationnel provincial en matière de jeunesse, paix et sécurité, marquant ainsi une étape décisive vers l’ancrage local de cet agenda international.

Ensuite, un projet d’arrêté gubernatorial portant création du Secrétariat technique provincial (STP 2250) a été élaboré et adopté de manière participative. Cette future structure permanente aura pour mission de coordonner les initiatives liées à la jeunesse, à la paix et à la sécurité, traduisant la volonté de passer d’actions ponctuelles à un cadre institutionnel structuré.

Enfin, un communiqué conjoint a été signé par l’ensemble des parties prenantes, appelant le Gouverneur du Nord-Kivu à matérialiser ses engagements pris en octobre 2025, notamment en signant sans délai les arrêtés proposés. Un acte attendu pour donner une existence juridique aux avancées enregistrées.

De la consultation à la co-décision des jeunes

Pour les organisateurs et participants, ce dialogue marque un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de consulter les jeunes de manière symbolique, mais de les intégrer comme acteurs à part entière dans la prise de décision.

« Il ne suffit pas que les jeunes soient consultés. Ils doivent être des décideurs, des co-architectes des cadres qui régissent leur avenir », ont souligné plusieurs intervenants.

Dans un environnement fragile comme celui du Nord-Kivu, cette approche vise à transformer la participation des jeunes en un levier stratégique de stabilisation, en leur donnant un rôle institutionnel dans la prévention et la gestion des conflits.

Une dynamique inclusive malgré un contexte sécuritaire fragile

Malgré les défis sécuritaires persistants, cette initiative démontre qu’un dialogue inclusif reste possible. Elle met en évidence la capacité des acteurs locaux à construire des ponts entre générations, entre société civile et institutions publiques, mais également entre partenaires nationaux et internationaux.

Les partenaires techniques et financiers, notamment MONUSCO, UNICEF, PNUD, UNFPA, Mercy Corps et Search for Common Ground, ont été salués pour leur accompagnement, dans une logique de collaboration respectueuse des dynamiques locales.

L’attente d’un signal politique fort

Si les bases techniques et consensuelles sont désormais posées, la concrétisation de ces avancées dépend désormais d’une décision politique. Les participants ont, à cet effet, interpellé l’autorité provinciale.

« Les documents sont sur votre bureau. L’engagement a été pris. Le peuple observe », ont-ils lancé à l’endroit du Gouverneur.

Dans une province où la paix reste un chantier permanent, cette journée pourrait marquer un tournant : celui d’une gouvernance où les jeunes ne sont plus de simples bénéficiaires, mais des acteurs pleinement engagés dans la construction d’un avenir pacifique au Nord-Kivu.