National Partnership of Children and Youth in Peacebuilding

Beni : le NPCYP accompagne la communauté vers des solutions pacifiques dans le cadre du projet PREPACS

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Dans les communes de Beu et Bungulu, la gestion des conflits communautaires reste un défi majeur dans un contexte marqué par les tensions sociales, les déplacements de populations et la pression sur les ressources.C’est dans ce contexte que le projet PREPACS-BENI, mis en œuvre par NPCYP avec l’appui financier de la GIZ, a déployé sa première phase d’intervention du 10 décembre 2025 au 10 avril 2026, à travers une série d’actions concrètes visant à renforcer la cohésion sociale.

L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration durable de la paix et de la stabilité en consolidant les mécanismes locaux de prévention et de résolution des conflits, tout en promouvant des messages de paix sensibles au genre et à l’inclusion.

Le projet a démarré par l’organisation d’un atelier de lancement le 30 décembre 2025, réunissant autorités locales, leaders communautaires et acteurs de la société civile. Cette activité a permis de présenter le projet, de clarifier ses objectifs et de définir les rôles des différentes parties prenantes.

Dans la continuité, des sessions de formation ont été organisées du 06 au 09 janvier 2026 au profit des membres des structures locales de paix (CLPD et CPDQ). Ces formations ont porté sur l’analyse des conflits, les techniques de médiation, l’alerte précoce et la bonne gouvernance, permettant ainsi de renforcer les capacités des acteurs impliqués dans la gestion des conflits.

Des communautés mobilisées à travers des espaces de dialogue

Afin d’impliquer directement les populations, quatre Tribunes d’Expression Populaire ont été organisées dans les quartiers de Cité Belge, Mukulya, Benengule et Butanuka. Ces espaces ont permis aux communautés d’identifier leurs principaux défis, d’exprimer leurs préoccupations et de proposer des solutions collectives.

En complément, des activités de sensibilisation ont été menées à travers deux séances de théâtre participatif organisées les 30 et 31 janvier 2026. À travers des mises en scène inspirées de conflits réels, ces activités ont permis de sensibiliser les populations aux conséquences des conflits et de promouvoir le dialogue comme alternative à la violence.

Par ailleurs, des émissions radio interactives et des spots de sensibilisation ont été diffusés sur des radios locales, offrant ainsi un espace d’échange élargi et permettant de toucher un public plus large sur les enjeux de paix et de cohésion sociale.

Une étape clé : l’identification participative des conflits

Le 19 février 2026, une séance d’identification participative des conflits a été organisée, réunissant les structures locales de paix, les autorités et les acteurs communautaires. Cette activité a permis d’identifier et de sélectionner quatre conflits prioritaires à fort impact social, devant faire l’objet de processus de médiation.

Cette étape a marqué un tournant important, en permettant de passer d’une analyse générale des tensions à une prise en charge ciblée et structurée des conflits.

Des actions concrètes pour renforcer la cohésion sociale

Au-delà du dialogue, le projet a soutenu des initiatives de travaux communautaires issues des Tribunes d’Expression Populaire. Ces actions ont notamment porté sur l’aménagement de ponts, l’entretien de routes et l’amélioration d’espaces publics.

Ces travaux ont permis de mobiliser les communautés autour d’objectifs communs, renforçant ainsi la collaboration, la solidarité et le rapprochement entre les habitants.

Des processus de médiation engagés sur le terrain

Sur la base des conflits identifiés, des dialogues et des médiations ont été organisés avec l’implication des structures locales de paix, des autorités et des communautés. Ces processus ont permis de créer des espaces d’échange, de clarifier les incompréhensions et d’engager les parties dans la recherche de solutions pacifiques.

En parallèle, des consultations et des séances de documentation ont été menées afin d’analyser les conflits en profondeur, de recueillir les différentes perceptions et de renforcer la qualité des processus de médiation.

Sensibiliser les jeunes pour prévenir les violences

Le projet a également intégré une dimension éducative à travers l’organisation de causeries éducatives dans les écoles, portant sur les violences basées sur le genre (VBG) et les exploitations et abus sexuels (EAS). Ces activités ont permis de sensibiliser les élèves, de renforcer leurs connaissances et de promouvoir des comportements responsables.

Une dynamique de paix portée par les communautés

À travers cette première phase, le projet PREPACS-BENI a mis en œuvre une série d’actions complémentaires, articulées autour du dialogue, du renforcement des capacités et de l’engagement communautaire.

Ces activités ont permis de poser les bases d’une dynamique locale de paix, où les communautés ne sont plus seulement bénéficiaires, mais deviennent des acteurs clés dans la prévention et la gestion des conflits.

Quand les bénéficiaires parlent de l’impact

Au-delà des activités réalisées, les témoignages des acteurs locaux traduisent des changements concrets dans la gestion des conflits. Pour KASEREKA Moïse, coordinateur provincial de la Cellule d’Appui à la Pacification et au Développement Local, « le NPCYP nous a aidés à résoudre certains problèmes » et a renforcé la stabilité dans la communauté, tandis que Giresse Mukuli souligne que « le changement est visible » grâce au dialogue qui a permis de réunir les parties autour de solutions communes. Du côté des bénéficiaires, Rachel Kambere évoque des avancées significatives, notamment la réconciliation entre acteurs et les perspectives positives pour les femmes commerçantes. Chez les jeunes, cette dynamique se traduit par une prise de conscience accrue : comme le rappelle Baraka Kaenzi, « il est important de ne pas se taire face aux abus », une conviction partagée par Chloé, pour qui « toutes les formes de violences doivent être dénoncées ». Ensemble, ces voix témoignent d’une transformation progressive des communautés, désormais plus engagées dans la prévention et la résolution pacifique des conflits.

Patrick BASSHAM